Les différentes techniques d’intervention

En 1930 :

L’histoire de la chirurgie réfractive débute durant l’entre-deux-guerres, au Japon. Le Dr Sato, chirurgien ophtalmologue, imagine une méthode consistant à scarifier la cornée de ses patients pour induire un œdème. La modification de forme obtenue devait permettre d’obtenir les propriétés rétractives souhaitées. Les incisions étaient trop profondes. L’expérience fut un désastre.

En 1970 :

L’idée est cependant reprise dans les années 1970 par un chirurgien Russe. Le Dr Sviatoslav Fiodorov, également connu pour ses multiples vies, améliore la technique de Sato en mettant au point la première méthode fiable de chirurgie réfractive. Il s’agit de la kératotomie radiaire, technique désormais abandonnée.

En 1980 :

En Colombie, le professeur Joaquim Barraquer a développé une autre technique prometteuse : la kératomileusis. Le principe ? Enlever une fine bande dans la couche épaisse de la cornée (le stroma), congeler la partie prélevée, la sculpter à l’aide d’un Cryotour puis la remettre en place. L’ancêtre du Lasik était né : le concept de découper une partie de la cornée pour la sculpter est la base de la chirurgie réfractive moderne. La kératomileusis évolue. En 1984, la technique ne nécessite plus de congeler la partie prélevée. En 1986, la méthode de découpe évolue pour devenir plus précise.

En 1990 :

Le laser Excimer est utilisé pour la première fois dans les années 90. Les premiers patients sont opérés selon la technique de la Photo Kératectomie Réfractive (PKR), ou laser de surface. Cette méthode consiste à ôter la fine couche de l’épithélium à l’aide d’une petite brosse avant d’envoyer des rayons pour la sculpter.

En 1994 :

Le Lasik fait son apparition. Cette technique reprend le principe de la kératomileusis in situ, à savoir créer un capot au niveau de la cornée afin que le laser puisse atteindre les couches profondes.

En 2000 :

  • La technique opératoire du SMILE (Small Incision Lenticule Extraction), chirurgie 100% femtoseconde, est apparue dans les années 2000.
  • La PKR transépithéliale, version 100% laser de la PKR réduisant la durée de convalescence, est apparue au même moment.
"Quand j'ai inventé le LASIK en 1985 je savais que les incisions cornéennes couperaient les nerfs cornéens, mais je pensais que les avantages l'emporteraient sur les inconvénients possibles. Cependant, je n'avais pas prévu que cela provoquerait une sécheresse oculaire chez 70 % des patients"
Dr. Gholam Ali Peyman
Inventeur du LASIK

A chaque fois les taux de complications chassent une technique pour une autre.

Ces chirurgies ont été initialement développées pour répondre à des besoins urgents de soins, mais elles ont ensuite été détournées de leur objectif initial pour s’adresser à un public plus large souffrant de problèmes de vision tels que la myopie, l’astigmatisme, l’hypermetropie et la presbytie. Cependant, cette évolution a conduit à une industrie lucrative où les cliniques et les praticiens cherchent à maximiser leurs profits en attirant un grand nombre de patients. Malheureusement, cela a entraîné une publicité agressive, une minimisation des risques et une commercialisation excessive de ces procédures, mettant ainsi en danger la sécurité et le bien-être des patients.

De nos jours, il est préoccupant de constater que cette chirurgie, bien qu’elle soit très invasive, est devenue complètement banalisée. Les publicités et les campagnes de marketing ont contribué à créer une perception erronée selon laquelle ces interventions sont simples, sans risques et accessibles à tous. Cette banalisation de la chirurgie réfractive peut conduire à une sous-estimation des complications potentielles et à une prise de décision précipitée de la part des patients. Il est essentiel de rappeler que toute intervention chirurgicale comporte des risques et que chaque patient doit être pleinement informé et conscient des implications avant de prendre une décision éclairée.